dans ta peau

« Je dois m’écarter pour guérir.Etre à l’abri des gens. Des médecins. Des prescriptions et des diagnostics. Loin des antibiotiques. Encore plus loin de la lumière électrique. Je veux du sombre, une grotte, un refuge, je veux des bougies, la nuit, des lumières douces et tamisées, du froid dehors, du chaud dedans et des peaux d’animaux pour calfeutrer les murs. Maman je dois redevenir « Mathuka » qui descend dans sa tanière pour passer l’hiver et reprendre ses forces vitales . Et puis, il y a des mystères que je n’ai pas fini de comprendre. J’ai besoin de retourner auprès de ceux qui connaissent les problèmes d’ours; qui leur parlent encore dans leurs reves; qui savent que rien n’arrive par hasard et que les trajectoires de vie se croisent toujours pour des raisons bien précises. »

Nastassja Martin/ Croire aux fauves / ed verticales p89

Nastassja est anthropologue . sa rencontre revée avec l’ours la conduisit jusqu’au réel affrontement et son visage , emporté en partie par la machoire du sauvage , tente de retrouver son identité mais ce n’est pas sans mal, car elle est désormais,,comme lui révèlent les chamanes évènes, moitié ourse moitié femme.

je te suis tellement reconnaissante Nastassja , de nous ramener les mots, la pensée , du sauvage, du complexe, du métissé, des chimères….que nous sommes tous au fond, mais peut etre de moins en moins, baillonnés que nous sommes par nos quotidiens cadencés par la musique robotique de nos villes mortes..

Je n’ai pas rencontré l’ours mais le visage et le corps de ma fille me sautent à la figure parfois, et l’urgence de vivre ne m’est pas étrangère….je te comprends tellement quand tu parles du besoin vital du large pour se retrouver proche de soi, dans sa peau, dans sa peau d’ours, avant….

je pense à mes amies des villes , qui , sur un bout de terre en friche, ont bati de leurs mains une petite cabane, de terre et de branchage, elle est ronde douce et sombre, dedans, on entend le vent et on s’y sent vivantes…

je pense à toutes ces années qu’il m’a fallu pour retrouver le premier souffle à chaque inspire et respirer à nouveau librement dans ma peau de femme hurlante, comme une sirène que je suis.

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